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Notes biographiques de Laurent McCutcheon
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Résumé
Laurent McCutcheon a fait une carrière professionnelle d’abord en éducation et, par la suite, dans la haute fonction publique québécoise comme cadre supérieur et comme juge administratif et de 1999 à 2009, comme président du Conseil de la justice administrative, organisme du gouvernement du Québec qui veille au respect de la déontologie des juges administratifs.
Au début des années 1970, militant de la première heure, vivant publiquement son orientation homosexuelle, il participe aux premières marches dans les rues de Montréal affrontant l’hostilité et la réprobation. Témoin et acteur de l’évolution de droits des gais et des lesbiennes au Québec et au Canada, il est de tous les combats. Il intervient aussi devant plusieurs commissions parlementaires.
Il préside les destinées du service d’aide, d’écoute téléphonique et de renseignements Gai Écoute depuis 1982 et il s’engage activement dans la défense des droits des personnes homosexuelles. En 2000, il met sur pied la Fondation Émergence en vue d’assurer une égalité de fait aux personnes homosexuelles. En 2003, il lance la première journée de lutte contre l’homophobie qui est devenue la Journée internationale contre l’homophobie.
De 1997à 2002, il est responsable de l’action sociopolitique à la Table de concertation des gais et lesbiennes du Québec. Il initie alors la mise sur pied la Coalition québécoise pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe et en sera le porte-parole pour la campagne menant à l’adoption de la loi sur la reconnaissance des unions de fait des conjoints de même sexe. Il est aussi engagé dans la lutte pour la reconnaissance du mariage civil des couples de même sexe.
Il propose une recherche sur le suicide des jeunes gais qui sera réalisée par le professeur Michel Dorais, Mort ou fif. Il obtiendra de la part du ministre de la Santé et des Services sociaux que l’orientation sexuelle soit reconnue dans les programmes de santé mentale en matière de prévention du suicide. Bien connu dans son milieu, il est régulièrement invité aux émissions d’affaires publiques.
Il est nommé personnalité de l’année par les magazines gais Fugues et RG, récipiendaire du Prix Réjean-Marier remis par l’Association québécoise de prévention du suicide en 2001, récipiendaire du Grand Prix Arc-en-ciel 2003 soulignant sa contribution exceptionnelle à l’avancement de la condition homosexuelle, nommé en 2005 personnalité de la semaine du grand quotidien québécois La Presse, récipiendaire du Prix de l’implication bénévole de l’année 2005 de la Chambre de commerce gaie du Québec, récipiendaire en 2007 du Prix Droits et libertés de la CDPDJ, puis sélectionné en 2010 pour la série d’entrevues Le Devoir c’est moi.
Initiateur de l’idée d’une politique de lutte contre l’homophobie, il est à l’origine de la formation d’un groupe de travail mixte ayant pour mandat de proposer au gouvernement du Québec des pistes de solution pour combattre l’homophobie. Amorcés par le ministère des Relations avec les citoyens, ces travaux réunissent des représentants des principaux ministères et organismes du gouvernement du Québec et des groupes intéressés. Il est désigné porte-parole des groupes communautaires, syndicaux et du milieu de la recherche. En 2005, le dossier est transféré sous la responsabilité du ministre de la Justice du Québec. La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse assure la poursuite des travaux. En mars 2007, la CDPDJ rendait public le rapport De l’égalité juridique à l’égalité sociale - Vers une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie et, en décembre 2009, le gouvernement du Québec adoptait la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie. Il aura été, du début à la fin du long processus, un interlocuteur et un conseiller.
En 2008, il met sur pied le programme Pour que vieillir soit gai et en 2009, il amorce une campagne de lutte contre l’homophobie destinée aux communautés culturelles.
Carrière professionnelle
Originaire de Thetford Mines, Laurent McCutcheon a fait carrière dans le domaine de l’éducation, en rééducation des jeunes en difficultés et dans la haute fonction publique québécoise de 1964 à 2009. Comme cadre supérieur, il a occupé successivement des postes de direction dans le réseau de l’aide sociale et de la sécurité du Revenu dont directeur régional de l’Estrie, directeur général de l’administration à l’Office des services de garde à l’enfance, vice-président et commissaire à la Commission des lésions professionnelles et président du Conseil de la justice administrative.
Engagement pour les droits et libertés
Depuis 1973, il vit ouvertement son orientation homosexuelle. D’abord militant à l’Association pour la défense des droits des gais et des lesbiennes du Québec (ADGLQ), dans les années 1970, avec une centaine de personnes, il participe aux premières marches dans les rues de Montréal, affrontant l’hostilité et la réprobation.
En 1982, il devient président de Gai Écoute, le service d’écoute téléphonique et de renseignements des gais et des lesbiennes du Québec, nouvellement mis sur pied. Sous sa présidence, l’organisme s’incorpore et prend un essor important. Le service d’abord offert quelques heures par jour en soirée dans la région de Montréal deviendra un service gratuit partout au Québec, 365 jours par année. Il ouvre la porte à Gay Line en vue d’élargir gratuitement les services à la communauté anglophone du Québec.
Il est à l’origine de campagnes de lutte contre les préjugés envers les personnes homosexuelles. Il présente des mémoires à la Commission parlementaire sur les institutions à l’Assemblée nationale du Québec, devant le Comité permanent de la Justice de la Chambre des communes du Canada, devant la Commission des droits et libertés de la personne et de la jeunesse et devant la Régie régionale de la Santé et des services sociaux.
À l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie 2010, à l’invitation de la paroisse Saint-Pierre-Apôtre de Montréal, il prononce une homélie intitulée Lettre à Jésus, très remarquée par les médias.
Politique québécoise de lutte contre l’homophobie
Initiateur de l’idée de l’adoption d’une politique québécoise de lutte contre l’homophobie, il est à l’origine de la formation d’un groupe de travail ayant pour mandat de proposer au gouvernement du Québec des pistes de solution pour combattre l’homophobie. Il est désigné porte-parole des groupes communautaires, syndicaux et de la recherche universitaire. Amorcés par le ministère des Relations avec les citoyens, ces travaux réunissent aussi des représentants des principaux ministères et organismes du gouvernement du Québec. Depuis 2005, le dossier est sous la responsabilité du ministre de la Justice du Québec qui a mandaté la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse pour assurer la poursuite des travaux. En mars 2007, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse rendait public le rapport De l’égalité juridique à l’égalité sociale - Vers une stratégie nationale de lutte contre l’homophobie et, en décembre 2009, le gouvernement du Québec adoptait la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie.
Gai Écoute
Mis sur pied en 1980 par un petit groupe de bénévoles, sous sa présidence, Gai Écoute connaît une croissance continue et deviendra un service national accessible gratuitement à la grandeur du Québec et un leader des communautés gaie et lesbienne. Plus de 20 000 appels par année y sont reçus.
- Premier organisme homosexuel pouvant remettre des reçus de charité aux fins de l’impôt.
- Mène les premières campagnes publiques de sensibilisation dont certaines dans les autobus où il est question d’orientation homosexuelle.
- Après une longue bataille, Gai Écoute est inscrit dans les bottins des étudiants des écoles secondaires et dans les pages consacrées à l’aide morale dans les bottins téléphoniques du Québec.
- Mène les premières campagnes humoristiques de sensibilisation de l’opinion publique aux réalités homosexuelles : Ceci est une tapette, Fifi c’est le nom d’un chien, La vie en rose, Mort de rire, etc.
- Amène des personnalités publiques à prendre part au défilé de la fierté gaie. Depuis, un nombre impressionnant de personnalités politiques et artistiques ont participé au défilé aux côtés des gais et des lesbiennes.
- Initiateur de la recherche sur le suicide chez les jeunes garçons, Mort ou fif, conduite par le professeur Michel Dorais en collaboration avec Simon-Louis Lajeunesse, publiée chez VLB éditeur en 2000.
- Initiateur, au nom de Gai Écoute, d’un groupe de réflexion sur la prévention du suicide chez les personnes homosexuelles qui produit, en 2004, le rapport L’urgence d’agir.
- Initiateur d’un virage technologique offrant des services d’aide par Internet, site Internet, aide par courrier électronique, aide à la navigation et développement de bases de données.
- Promoteur du développement de services de renseignements spécialisés alimentés par des banques de données informatisées.
- Amène de personnalités publiques à devenir porte-parole de Gai Écoute : le comédien Yves Jacques, l’auteur Michel Marc Bouchard et l’animateur télé Daniel Pinard le sont à tour de rôle. Dany Turcotte, René Richard Cyr, Éric Bernier, Monique Giroux et Alex Perron prêtent leur nom aux campagnes de Gai Écoute.
- En 1993, auteur et présentateur au nom de Gai Écoute du mémoire d’ouverture des audiences tenues par la Commission des droits et libertés de la personne qui ont conduit au rapport De l’illégalité à l’égalité.
- Auteur et présentateur en 1996 d’un mémoire devant la Commission des institutions en vue de faire abroger l’article 137 de la Charte de droits et libertés de la personne.
- Auteur et présentateur d’un mémoire devant un comité de la Chambre des communes sur la question de l’interdiction faite aux homosexuels de donner du sang.
- Auteur d’un mémoire devant une commission parlementaire de la Chambre des communes sur le mariage homosexuel.
- Président du jury des Prix Arc-en-ciel, édition 1995, événement qui a pour but de décerner des prix aux personnes qui s’illustrent au sein des communautés gaie et lesbienne ainsi qu’aux personnalités hétérosexuelles qui soutiennent ces communautés.
- Responsable de l’atelier sur l’éducation lors des États généraux de la communauté gaie et lesbienne du Québec tenu du 1er au 3 mars 1996 à l’Université du Québec à Montréal.
- Consultant auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux pour l’implantation de la politique ministérielle intitulée L’adaptation des services de santé et des services sociaux aux réalités gaies et lesbiennes.
- Membre du comité organisateur et conférencier au colloque culturel Fiertés tenu à Paris au printemps 1998.
Fondation Émergence
En 2000, en vue de passer de l’égalité juridique à l’égalité sociale, il met sur pied la Fondation Émergence qui a pour mission de faire la lutte aux préjugés et à l’homophobie. La Fondation a mené des campagnes d’appuis au mariage civil, fait la promotion de la Politique québécoise de lutte contre l’homophobie et s’intéresse à la condition des aînés.
- Il initie les campagnes d’éducation en milieu scolaire Permettez moi d’être heureux/heureuse en 2001, et Ça s’attrape pas! Peur de quoi? en 2002.
- En 2003, il met sur pied la Journée nationale de lutte contre l’homophobie. Cette idée se répand rapidement à l’extérieur du Québec pour devenir la Journée internationale contre l’homophobie. Un portail Internet couvre les activités de Gai Écoute, de la Fondation Émergence et des campagnes annuelles de lutte contre l’homophobie.
Autres implications
De 1997 à 2002, il est vice-président responsable de l’action sociopolitique de la Table de concertation des lesbiennes et gais du Québec :
- En 1999, il met sur pied la Coalition pour la reconnaissance des conjoints et conjointes de même sexe. Il sera le porte-parole de la campagne qui a conduit à l’adoption de la Loi 32 sur la reconnaissance des unions de fait adoptée par l’Assemblée nationale du Québec. Ce fut la première expérience de concertation entre les organismes des communautés gaie et lesbienne et ceux de la société civile, les centrales syndicales et la Fédération des femmes du Québec.
- En 2002, il coordonne les revendications en matière d’éducation auprès de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse et se fait le promoteur d’un colloque sur les droits des jeunes.
- De 2003 à 2008, il est le représentant des communautés gaie et lesbienne au Conseil régional de développement de l’Île de Montréal et, depuis 2004, auprès de la Conférence régionale des élus.
- En octobre 2005, conférencier au colloque sur la santé à Halifax, organisé par la Coalition santé Arc-en-ciel du Canada. Il présente le projet d’une politique nationale de lutte contre l’homophobie.
- Membre de groupes de travail sur la préparation de la Conférence internationale sur les droits humains tenue à Montréal en 2006 à l’occasion des 1ers Outgames mondiaux et conférencier.
- De 2005 à 2008, conférencier invité par la Conférence des juges de la Cour du Québec à des sessions annuelles de formation.
- Depuis 2010, membre de la Table de concertation de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
- Depuis 2010, membre du comité de vigie Profilage racial et illicite du Service de police de la Ville de Montréal.
- Membre représentant des citoyens au Comité de revitalisation locale de Sainte-Marie.
- Membre secrétaire de l’Association des amis du parc Médéric-Martin.
Reconnaissances
- Personnalité de l’année 1997 et 1998 du magazine gai RG.
- Personnalité de l’année 1999 du magazine Fugues.
- Récipiendaire, avec Gai Écoute, du Prix Réjean-Marier en 2001 remis par l’Association québécoise de prévention du suicide.
- Une des 10 personnalités gaies les plus influentes au Canada selon le magazine Enjeux de Radio-Canada.
- Récipiendaire, en 2003, du Grand Prix Arc-en ciel, pour sa contribution exceptionnelle à l’avancement de la condition homosexuelle décerné par la Table de concertation des gais et des lesbiennes du Québec.
- Personnalité de la semaine du 13 mars 2005 du journal La Presse.
- Prix de l’implication bénévole de l’année 2005 de la Chambre de commerce gaie du Québec.
- Prix Droits et Libertés 2007 remis par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
- Le Devoir c’est moi, journal Le Devoir du 14 juin 2010, personnalité retenue pour souligner les cent ans du journal.
- Prix Claude-Mailhot, juillet 2010, remis par Équipe Montréal pour souligner l’excellence de la campagne de lutte contre l’homophobie 2010 intitulée Parler du silence dédiée au monde du sport.
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